Avez-vous remarqué que l'expression "Président reconnu par la communauté internationale" ne s'applique qu'à M. Ouattara en Côte d'Ivoire et que cette expression
n'est utilisée nul par ailleurs dans le monde.
En effet nul part ailleurs la "Communauté internationale" ne s'est mêlée des élections nationales, pas plus en Corée du nord, qu'en Birmanie, ou en Bielorussie, ou
au Kosovo, ou en France.
Cette ingérence préfigure-t-elle que désormais la "Commnauté internationale" va se mêler de toutes les élections du monde ou est-ce seulement réservé à
l'Afrique...à recoloniser ?
Exit donc les constitutions nationales, exit les tribunaux "normaux" seule la "Communauté internationale", à savoir USA, Grande Bretagne et France, auront le droit
de dire le droit . Ça promet !
La "Communauté internationale" n'a pas fini de vendre des armes.
Rendez-vous dans quelques temps. La rélé française continue a distiller de fausses information ! Entendu hier soirà France3 : Gbagbo reçoit ce qu'il a donné en 2000
! Le présentateur, on ne peut parler de journaliste, occulte tout simplement la rébellion de 2002, contre un pouvoir légitime.
Personne ne parle du conflit ethnique, ni de la rébellion de Ouattara fomentée depuis le Burkina Faso, contre un régime légal (celui de Gbagbo élu pour 5 ans en
2000).
OUI. L’information sur la Côte d’Ivoire est gravement
biaisée.
En Côte d’Ivoire la France a joué au pompier pyromane.
En résumé, Monsieur Laurent Gbagbo a été déclaré élu suivant les voies du droit ivoirien, et suivant leur Constitution. Il est le président
légitime. Alors que la « Communauté internationale » s’ingère sans droit ni titres dans les affaires internes d’un pays souverain et déclare élu monsieur Alassane Dramane Ouattara, en négligeant
les fraudes et exactions commises dans le nord du pays favorable à Ouattara, avant et pendant les élections. Ayant faussé le scrutin.
Les élections ont eu lieu dans un pays divisé en deux et occupé sur plus de 60% du territoire par une ex ( ?)-rébellion armée (soutenant
Alassane Ouattara) où des charniers ont été découverts par l’ONU et Amnesty international. Dans la partie nord, des scores peu démocratiques de plus de 90% en faveur de monsieur Ouattara, n’ont
pas interpellé la « Communauté internationale ». Par contre 21 ONG et des centaines d’observateurs de la société civile africaine ont dénoncé les fraudes.
A ceux dont l’information est seulement franco-française je suggère de lire les avis, analyses et opinions
d’intellectuels africains, qui pour « n’être pas encore entrés dans l’histoire » selon monsieur Sarkozy, savent de quoi ils parlent au sujet de la Côte d’Ivoire.Faute de mieux, j’ai collationné des textes sur le site
http://casanova.fr/component/content/article/71-tribune-libre/145-cote-divoire-politique?2d3ae0345f4fd378662e2200d5dff364=f1d94f1e44cc3596f1d27fb64742d0e5
Je suggère aussi la lecture de l'analyse du politologue Michel Galy sur
slateafrique.com : Côte d'Ivoire : l'information sous influence
Tunisie: le voile et la barbe autorisés sur les photos d'identité
Les Tunisiennes vont pouvoir prochainement porter le voile sur la photo de leurs cartes d'identité, a annoncé le ministère de l'intérieur.
"Cette mesure s'inscrit dans le droit-fil des réformes engagées en vue de consacrer les principes et valeurs de la révolution tunisienne et de garantir le respect
effectif des libertés publiques et individuelles", poursuit le ministère.
2 - Le comité militaire dirigeant l'Egypte a déclaré : le fondement de notre constitution doit être la charia.
Faut-il faire un commentaire ? A part le progrès est en marche arrière toute. Et l'occident applaudi. Les partis de gauche "laïques" sont ravis !
Au moment ou les forces ex(?)rebelles de monsieur Ouattara sont en passe de triompher en Côte d'Ivoire, au détriment du DROIT, il faut encore et encore
rappeler le rôle néfaste joué par la France en cette triste histoire.
Ci-après l'analyse du politologue Michel Galy, publiée dans slate.com
Selon le politologue français Michel Galy, les médias occidentaux n'ont pas pris la juste mesure de la crise ivoirienne.
Pour l'Elysée, le Quai d'Orsay et... la presse française, «Laurent Gbagbo doit partir» et «Alassane Ouattara est le
président reconnu par la communauté internationale» (en particulier, ces «éléments de langage» officiels sont repris en boucle par RFI). Cette étonnante et suspecte unanimité fait problème
et on en vient presque à regretter la presse de combat d'Abidjan, dans laquelle, au moins, le lecteur a le choix entre les polémiques des deux camps «bleus» et «verts»!
Le formatage des esprits
Dans la durée, cet alignement des médias sur les positions officielles a déjà été fortement critiqué, et toujours a posteriori... Ainsi, en
2004, Daniel Schneidermann, réalisant au jour le jour une insolente et indispensable critique des médias (au point qu'il a été licencié de l'émission de télévison Arrêt sur images) ironisait déjà, à propos des massacres de
civils ivoiriens (à propos d’une presse française «embarquée», comme en Irak ou en Afghanistan) qu’il fallait trois semaines pour rétablir la vérité, connue sur place, y compris des occidentaux.
Pour avoir vu à l’époque des confrères littéralement happés dans les hélicoptères de la force française Licorne vers Bouaké, «retour à 16 heures à l'Ivoire», on peut garantir qu'il ne
s'agit pas que de métaphores...
Dans le temps... et l'espace. En ce moment la Libye, hier la
Côte d’Ivoire, autrefois l'Irak. Dans l’urgence, les emballements de la presse se déclinent sur trois axes: unanimité politique, ethnocentrisme franco-français, alignement sur des
positions militaristes. A vrai dire, ce dernier point résume souvent les précédents: c'est ce que Schneidermann nomme heureusement la «kakisation des esprits», en 2004 comme
aujourd'hui!
Pour autant la presse, enfin toute la presse, n’est pas «aux ordres». Pas tous et tout le temps en tout cas. Comment s'explique alors cet
alignement, si ce n'est par ces «présupposés» que Pierre Bourdieu opposait aux journalistes dans un débat célèbre et un livre stimulant (Sur la télévision)? Ici et maintenant la «fabrique de
l’opinion» formate les esprits, sur la Côte d’Ivoire comme sur d'autres sujets, mais selon des topoï repérables et des processus souvent inconscients. Tout se passe comme si, à un moment
donné, le courant dominant produisait un consensus idéologico-médiatique dont il est alors extrêmement difficile de sortir, quitte à ce qu'il vole en éclat quelques mois ou années plus tard,
voire s’inverse!
Est-on si loin de 1984? Un social-démocrate devient «un dictateur»; un légaliste forcené se retrouverait pris à son atavisme
pour redevenir un «guerrier bété»; ou un libéral du FMI un grand démocrate… Qu'il ait depuis 2002 (comme Foday Sankoh ou Charles Taylor en leur pays) mis la Côte d'Ivoire à feu et à sang
par rebelles interposés ne compte pas, ne compte plus. Ces soldats perdus ne sont-ils pas des «rebelles qui sourient», et qu'importe si, dans ces guerres nomades, ce sont littéralement les mêmes qu’à Monrovia ou Freetown. De toute
façon, si des exactions et même une violence continue comme «méthode de gouvernement» se produisent au Nord, les journalistes sont au Sud, et dénoncent vertueusement les contre-violences causées
par le «coup d'Etat permanent» et la déstabilisation continue. Et alors? «La guerre c'est la paix», comme le savaient déjà les héros d'Orwell –et notre presse française,
forcément libre et objective, est bien sûr composée de journalistes héros, intègres et clairvoyants!
Pour La Boétie déjà, l'énigme du pouvoir était non la sujétion au Prince, mais le plaisir, voire le désir des sujets à se soumettre…
Une presse africaniste en question
A l'occasion du printemps arabe, un certain nombre de désinformateurs ont été pris la main dans le sac; patrons d’hebdomadaires «africains», directeurs de
«revues» panarabes ont dû reconnaître qu'ils étaient redevables au dictateur Moubarak, à M. Ben Ali –et pas que moralement! Les mêmes ou d’autres écrivent des dossiers systématiquement favorables
à M. Ouattara, qui a toujours su traiter les journalistes et les directeurs d'organes de presse –et pas qu'en tenant table ouverte à Paris, Mougins ou Abidjan!
Dans ce contexte de corruption des esprits généralisée se posent des interrogations sur la «presse Rothschild» –pour inverser le stigmate que
ses «experts» ont publiquement affiché sur la «presse Bolloré», jugée par eux non pas tant favorable à Laurent Gbagbo que trop tiède dans ses condamnations.
Depuis les années 90, le journaliste Stephen Smith, successivement responsable Afrique à Libération, puis au Monde, a mené une campagne
acharnée contre Laurent Gbagbo et en faveur d'Alassane Ouattara. Dénoncé par les intellectuels africains pour ses écrits méprisants, il fut un temps soutenu par des politologues africanistes qui
lui ouvrirent leurs colonnes.
Quand, dans un procédé digne d'époques que l'on croyait révolues (procédés typiques de la presse factieuse d’entre deux guerres), on amalgame
hommes d'affaires et intellectuels, politiques et militants, pour les dénoncer coram populo, on doit s’attendre à rendre des comptes.
Sans être des admirateurs sans faille de Roland Dumas et de Jacques Vergès, l'un ancien ministre des Affaires étrangères et président du
Conseil constitutionnel, l’autre brillant et inlassable avocat «de rupture» depuis la guerre d'Algérie, est-il inadmissible de traiter leur séjour à Abidjan comme «les deux grigous de
Gbagbo»? On atteint là des sommets d'une certaine ignominie médiatique... Listes noires et insultes dépassent les bornes de la déontologie ordinaire des journalistes.
Le plus étonnant aujourd'hui: des trois grands quotidiens français, le Figaro est certainement le plus modéré dans son approche du conflit
ivoirien.
La rhétorique de la désinformation
La désinformation n'est pas un discours intellectuellement construit: c'est une série de pratiques plus ou moins visibles (plus ou moins
conscientes d'ailleurs dans leurs effets de falsification, répétition et mimesis), articulée dans une rhétorique d’inversion ou de déplacement.
On a fait allusion à une «politique de l'information» qui va de la ligne plus ou moins explicite d'un organe de presse, s’inscrivant dans un
champ médiatique, dominé à un moment donné par une idéologie consensuelle. Cette politique se décline dans le nombre des articles et leur place, envoi (ou non) d'envoyés spéciaux (et leurs
pratiques de terrain), l'acceptation ou le refus de tribunes ou d'entretiens extérieurs, les analyses «maison» des événements culminant dans des éditoriaux parfois signés, souvent courageusement
anonymes...
Le recyclage des acteurs, intellectuels ou journalistes étrangers constitue une tactique de choix dans la propagande de masse, à laquelle la
blogosphère n'échappe pas; suffit-il, comme Venance Konan par exemple, d'être une «bonne plume» ivoirienne pour pouvoir écrire n'importe quoi (et faire oublier son passé de chantre de l'ivoirité
et son militantisme actuel pro-Ouattara)? Loin de tout devoir de réserve (les amis du Prince, réfugiés ou étrangers, n'y sont bien sûr pas tenus!), on peut se permettre ainsi d'user des procédés
les plus classiques de l’extrémisme: tribune ignoble sur le physique ou la vie privée du «dictateur» dénoncé; lettre collective dans Le Monde un jour, personnelle dans Libération le lendemain
—toujours dans des termes où l’insulte ne cède qu’à l’outrance.
Le sommet a sans doute été atteint en reprochant à Laurent Gbagbo la responsabilité de la guerre urbaine d'Abidjan: tous les observateurs
savent que le «commando invisible» d'Abobo vient de la rébellion et de la mouvance Ouattara. Ou encore d'indexer les morts civils de 2000 qui affrontèrent les militaires soutenant le putschiste
R. Gueï, se faisant massacrer pour un régime civil et le respect des élections. Ici, l'ironie n'est plus de mise: attribuer les victimes du général Gueï à Laurent Gbagbo est ignoble et digne des
procédés de Goebbels: «plus c'est gros, plus ça passe»! Tout comme un quarteron de chercheurs sous influence, ayant en commun de ne pas avoir connu la Côte d'Ivoire depuis dix ans,
recyclent l'ivoirité ou attribuent ce faux concept, «l'ethnocratie», à celui qui a un électorat multiethnique! La responsabilité dans ces cas est partagée entre les auteurs et ceux qui laissent
passer ces textes: à supposer que la presse se relise, dans quelques années, le rôle des rédactions n'en sortira pas grandi.
Les procédés de désinformation sont légion, et l’ignorance du terrain ne saurait les résumer. Certains sont conscients et servent de marqueur,
de repérage dans le champ médiatique: ainsi entendre un «expert» journaliste évoquer sciemment 2004 en déplorant les 10 morts et les 30 blessés de l'armée française à Bouaké sans citer les 60
morts et plus de 1.000 blessés ivoiriens semble significatif. Plus récemment, dans les pseudo débats télévisés (on pense par exemple à un débat de «spécialistes» à 100% ouattaristes: si la
conversation manquait de diversité, le forum en ligne était plutôt animé, ayant sans mal remarqué le procédé…), le fait de citer le Conseil constitutionnel ivoirien constitué de pro-Gbagbo (sans
d'ailleurs faire référence à l'identique situation française) sans mettre en regard la composition de la CEI à plus des deux tiers pro-Ouattara parait un marqueur évident de partis pris tout à
fait voulus.
Les procédés d’inversion, plus scandaleux, ne manquent pas: on se souvient de Jacques Chirac —lui qui a 2004 sur la conscience— traitant
Laurent Gbagbo de... «fasciste»! On a pu récemment entendre des journalistes prendre les commandos d'Abobo pour le «soulèvement du peuple» ou la «désertion de l'armée
ivoirienne».
La diabolisation de l’adversaire se fait par calomnies successives, procédant de l’inversion systématique, ou du déplacement victimaire:
tactique langagière courante chez les promoteurs de génocide, si l’on en croit les analyses de Jacques Semelin.
Tout ne ressort pas cependant d'une diabolique volonté de désinformation, de la corruption des esprits ou d'une obéissance à des rédactions
inféodées: même si cela existe et si l'Afrique, depuis longtemps, a servi de miroir déformant à nos turpitudes. Notons au passage ce que l’on pourrait nommer le «rendement décroissant de
l’information», qu’il faudrait approfondir: de la télévision, à la radio et à la presse écrite occidentale, la désinformation régresse, ou se fait moins flagrante; d'autres ont pu travailler
bien mieux sur les procédés de «construction» audiovisuelle, qui concernent aussi les réseaux sociaux ou les blogs (comme la fiction, bien écrite et entièrement inventée, du décès de Ouattara au
Val-de-Grâce).
Beaucoup vient, au-delà de l’ethos (qui n’est pas qu'une absence d’éthique ou de déontologie!), d'un certain habitus journalistique:
pour en avoir partagé quelques épisodes au plus fort des événements de décembre et janvier, on peut assurer de l'intérêt d'une recherche anthropologique sur le journalisme occidental à
Abidjan...
Ni presse locale, ni profondeur historique, ni éclairage socioanthropologique: faute de mise en perspective, les journalistes occidentaux
interagissent sur le terrain, vivant dans un monde d’autoréférencement. Leur dépendance des «fixeurs» autoproclamés n’en est que plus flagrante, et parfois pitoyable; demi-journalistes,
demi-informateurs fonctionnant eux aussi en réseaux (d’ailleurs très majoritairement pro-Ouattara), ces derniers fonctionnent eux aussi en réseaux et jouent un rôle aussi important dans la
désinformation que dans l’information.
Il est vrai que le milieu politique ivoirien est préstructuré, dans une inégalité flagrante devant les attentes, collaboration ou refus avec
la presse occidentale; globalement tenus pour des ennemis virtuels par le camp Gbagbo —avares de contacts et de données—, les journalistes venus d’Europe sont accueillis à bras ouverts… et
désinformés à proportion par le camp Ouattara… depuis 2002! Ce sont d’ailleurs les supplétifs, on veut bien croire involontaires, de la rébellion: quant au mythe du «smiling rebel» de
2002, lui correspond celui du «commandant du Vent», chef du commando invisible de 2011; et qu’importe si ce sont les mêmes guerriers nomades ayant mis à feu et à sang Liberia, Sierra
Leone et Nord de la Côte d’Ivoire, qui s’apprêtent à des massacres de masse à Abidjan et dans le Sud: ce n’est que trop tard que les mêmes s’apercevront que le sourire n’était qu’un rictus
complaisant et que le vent d’Abobo ne charriait que l’odeur des cadavres. Aucun mea culpa à attendre de ce que Sartre nommait les «belles âmes», ces idiots utiles de la sanglante
Histoire à venir. «On ne savait pas…» diront-ils, comme toujours. Pour autant, à écrire une prose éphémère, faut-il encore qu’elle soit irresponsable?
« La France a son Lampedusa, mais un Lampedusa à la puissance 10.
Pour la seule année 2010, 26 405 clandestins en furent expulsés, ce qui donne une idée du chiffre réel du nombre des arrivants…
Toute l’Europe va désormais être accessible aux miséreux de l’océan indien, de l’Afrique orientale et de plus loin encore
Le nom de ce poste frontière submergé est Mayotte, petite île de l’océan indien qui, dans moins de trois semaines, juste après les élections
cantonales, « en douce », sans que les Français aient été consultés, va devenir notre 101° département. Par la décision de quelques politiciens irresponsables, toute l’Europe va désormais être
accessible aux miséreux de l’océan indien, de l’Afrique orientale et de plus loin encore… »
Ma réaction
J'acquiesce aux "politiciens irresponsables".
Et j'ajoute qu'ils rivalisent (UMP et PS confondus), pour créer de nouvelles difficultés à la France.
Il faudrait leur imposer un moratoire sur leur décisions et les envoyer se former, après leur avoir imposé le non cumul des mandats pour qu'ils
puissent prendre le temps de réfléchir.
« Fait-on la guerre pour la popularité de Sarkozy ?"
"Plus d’une semaine après le début de l’intervention militaire internationale en Libye, l’éditorialiste américaine Anne Applebaum
n’y va pas par quatre chemins et s’interroge publiquement surSlate.com: “Le président français a-t-il défendu l’intervention en Libye pour avoir de meilleures
chances d’être réélu ?”
Depuis le début de cette intervention militaire, la France a en effet joué un rôle prépondérant. Paris a été le premier pays à
reconnaître officiellement les rebelles libyens du Conseil national de transition. L’article rappelle que c’est surtout grâce à Bernard-Henri Lévy, “philosophe-pop tellement français qu’il
n’y a pas d’équivalent américain”.
“Nous n’avons pas de philosophes qui portent des chemises déboutonnées, épousent des actrices blondes, et choisissent
avec enthousiasme un camp dans des guerres au Bangladesh, en Angola, au Rwanda, en Bosnie.”
La diplomatie française a également largement contribué à faire adopter la résolution 1973 à l’ONU. Et le gouvernement français a pris les
devants politiques, en organisant un sommet à Paris pour acter le début des bombardements.
Sarkozy espère clairement que l’aventure libyenne va le rendre populaire, écrit Anna Applebaum..."
Ma réaction
Force est de constater que malgré nos 1800 milliards d'euros de dettes, nous pouvons ouvrir un nouveau front
militaire !
A moins que l'anéantissement de l'aviation de Kadhafi, ne soit un prélude obligatoire à son renouvellement. Avec
quels avions ? Français, Américains ou Anglais ? Les paris sont ouverts.
Puisque la seule industrie florissante qu'il nous reste est l'industrie d'armement, il faut bien ouvrir de
nouveaux marchés. N'est-ce pas ?
Saurons nous un jour combien de morts auront été nécessaire ?
Martine Aubry, première secrétaire du parti socialiste, vient de signer une pétition, contre le débat sur la laïcité prévu par l'UMP en avril, au
côté de monsieur Tariq Ramadan, islamologue très médiatique, petit-fils du fondateur des frères musulmans et frère ce celui qui faisant une conférence à Nice a demandé que les
femmes et les hommes soient séparés dans la salle.
Ça promet !
Rappel 1- Madame Aubry avait introduit à Lille, ville dont elle est maire, la séparation homme-femme dans les piscines et réservé "prioritairement" (dixit) la salle
des congrès de Lille aux musulmans pour le Ramadan.
Rappel 2 - Madame Aubry fait partie du "club très sélect UMPS de Marrakech" (DSK, AUBRY, Sarkozy et d'autres) et semble avoir la prétention de présider la France
"moderne".
J'ai collationné une série de textes, pour la plupart tirés d'internet, pour essayer de comprendre ce qui se passe en Côte d'Ivoire depuis l'annonce des résultats
de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010.
Tous les jours de fausses informations sont diffusées dans la presse et à la télé. J'ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes et de vous livrer d'une
part mon analyse succincte et d'autre part vous communiquer des opinions et avis sur la situation que vous avez peu de chance d'entendre à la télé.
Le document final qui pourrait être enrichi fait 62 pages que je publie publie sur mon site (casanova.fr) à la rubrique actualités. Sur le présent blog vous
trouverez mes impressions sur l'attitude de la France et de la "Communauté internationale" en cette triste affaire.
le document final devrait êtres préenté comme suit.
Comprendre la crise post-électorale en Côte d’Ivoire
depuis le deuxième tour de l’élection présidentielle
du 28 novembre 2010
s’informer et s’indigner
du jeu trouble de la diplomatie française et de la
« Communauté internationale », puisque Laurent Gbagbo est le président légalement élu de la Côte d’Ivoire
Textes choisis
par Roger Démosthène Casanova
Sommaire
1 - La France et la « Communauté internationale » dans la crise ivoirienne 2010-2011
2 – Le contexte électoral ivoirien
3 – Opinions de juristes africains
4 – opinions d’intellectuels et de politiques africains ou de spécialistes
Sources documentaires
Jeune Afrique, Afrik.com, RFI, Abidjan.net, Marianne, Marianne2, Agoravox, San Finna, news.abidjan.net, Atlaséco, PUF, Wikipedia, midici.com, France5 (C dans
l’air), Association SURVIE, cotedivoire.com, presse.lintelligentdabidjan.org, presse.ivorian.net, lefigaro.fr, lepost.fr, lemonde.fr, Amnesty international.
Auteurs et journalistes cités
Calixte Bayla, Pierre Sané, Pascal Airault, Venance Konan, Tiburce Koffi, Christophe Champion, Michel Galy, Véronique Tadjo, Tierno Monenembo, Alain Toussaint,
Falila Gbadamassi, Realchange, Alain Léauthier, Hermann Yaméogo, Lassina Touré, Stéphanie Dubois de Prisque, Karim Guellaty, Gabriel Rougerie.
1 - La France et la « Communauté internationale » dans la crise ivoirienne 2010-2011
En Côte d’Ivoire la figure de proue, ou le bras armé, de la « Communauté internationale » est la France, en particulier celle de
monsieur Nicolas Sarkozy, mais messieurs Chirac et de Villepin ont leurs responsabilités dans la situation actuelle.
La « Communauté internationale » est occupée à régler le cas de la Libye et à chasser Mouammar Kadhafi, mais bientôt la Côte d’Ivoire
reviendra au premier plan et il est à craindre que des actions guerrières, évidemment sous l’égide des Nations Unies, seront entreprises pour chasser monsieur Laurent Gbagbo. De fait, le peuple
ivoirien aura encore à souffrir.
Notons incidemment que la même « Communauté internationale » qui soutien la révolte libyenne, et bombarde la Libye outrepassant la
résolution n° 1973, semble indifférente à la révolte qui frappe Bahreïn, où la révolte est en train d’être matée dans le sang avec l’aide de l’Arabie
Saoudite, régime particulièrement répressif, mais « ami » des USA.
Il faut s’interroger aussi sur l’alibi commode de l’appel à la démocratie, brandi par la « Communauté internationale ». En effet
s’agit-il d’un prétexte aux interventions armées, ou d’une volonté réelle d’instauration du pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple ? Ayant fait partie du peuple ivoirien pendant
vingt-quatre ans de ma vie et y ayant encore des attaches, je me sens concerné et me pose cette question, tant je redoute la suite de l’histoire résultant des élections présidentielles du 28
novembre 2010 et de la position catégorique illégale de la « Communauté internationale ».
Chacun peut en effet constater que la préparation psychologique des peuples occidentaux, préalable à une intervention armée en Côte d’Ivoire,
est en cours et qu’il ne semble plus faire de doute que seule la force pourra régler la crise dans le sens voulu par la « Communauté internationale ». D’ailleurs, le candidat battu,
suivant la procédure ivoirienne légale, monsieur Alassane Ouattara (ainsi que son Premier Ministre, monsieur Guillaume Soro, chef des « ex-rebelles » du nord), appelle avec insistance
et depuis longtemps à une intervention militaire pour chasser son concurrent monsieur Laurent Gbagbo, Président sortant, réélu.
Sinon, pourquoi en toutes occasions, le Président de la République Française martèlerait-il, y compris lors de cérémonies militaires, que
monsieur Gbagbo doit partir et que c’est monsieur Alassane Ouattara qui est le Président élu de la Côte d’Ivoire ? Et il est suivi par la « Communauté internationale » et les
médias français.
Dans ce contexte c’est peut-être une gageure de soutenir un point de vue différent. Je m’y risque cependant, rationnellement, sans haine et sans
crainte. D’autant plus que la « Communauté internationale » qui exige le départ de monsieur Gbagbo, au nom de la démocratie ne brille pas par son respect de la démocratie en toutes
circonstances. On peut même affirmer, sans crainte de contradictions sérieuses, que l’appréciation du respect des règles démocratiques par cette « Communauté internationale » est
fonction de ses intérêts supposés ou réels, des lieux et des circonstances.
Puisque le scénario se répète lors de chaque crise internationale (Irak, Afghanistan, Yougoslavie, maintenant Libye et Côte d’Ivoire…), pour
éclairer la scène, il faut donc commencer par aborder succinctement les ambiguïtés de cette « Communauté internationale » en matière de respect de la démocratie, ou plutôt du
respect du vote des peuples, puisque c’est ce qui est évoqué en Côte d’Ivoire.
Dans ce survol du comportement de la « Communauté internationale », commençons donc par la France « patrie des droits de
l’Homme », de sa perception et de son respect du vote des citoyens.
Le dernier exemple en date est représentatif du mépris des gouvernants français pour les « votes », aussi bien du peuple français que
de ceux des instances internationales et de la « Communauté internationale ». C’est ce qui s’est passé pour la départementalisation de Mayotte. Soit, la transformation d’une île
de l’archipel des Comores, entité reconnue par les Nations Unies, en département français de plein exercice en 2011. Il faut rappeler que les Comores, les Nations Unies, l’Union Africaine, et la
Ligue Arabe ont voté des résolutions d’opposition à cette départementalisation, sans effet sur la décision du gouvernement français. Qui est passé outre tous ces
« votes ».
Quand au « Peuple français » il y est fait référence au gré des circonstances. Ainsi, il n’a pas a été consulté directement par
référendum pour l’annexion de Mayotte, alors qu’en 1988 et en 1998, sur la question du transfert de souveraineté à terme (vers 2018) à la Nouvelle Calédonie, il a été consulté par référendum.
Cependant, en raison du risque d’un vote aléatoire pour raison de déséquilibre démographique en faveur des néo-calédoniens d’origine européenne (en effet, les Caldoches, d’origine européenne,
sont majoritaires sur les Canaques -Kanak- mélanésiens, cas unique dans « l’empire français »), le gouvernement de Michel Rocard a décidé de couper le territoire en deux semble-t-il
pour que les Kanak puissent être majoritaires sur la moitié nord de l’île !
Autre exemple du peu de cas fait par le gouvernement des « votes » du Peuple Français, le vote « NON », à 54 %, contre le
traité constitutionnel européen. Ce vote, non conforme à la volonté de la majorité des décideurs politiques (la Nomenklatura, ou l’Oligarchie qui dirige, ou l’UMP+le PS) a été négligé et
contourné par le Parlement qui l’a approuvé. Il en a été de même du « NON » des Hollandais et celui des Irlandais. Ces votes « NON » ont été artificiellement transformés
en votes « OUI ». Pas mal pour une région du monde, l’Europe, qui prétend imposer son modèle « démocratique » au monde entier.
Une autre question s’impose : les chiffres n’ont-il pas la même valeur en fonction des lieux et circonstance ? Puisque les 54 % de
votes « NON » au traité constitutionnel ont été négligé, alors que la « Communauté internationale » s’agite et s’émeut que les 54 %, contestés, qu’aurait obtenu monsieur
Alassane Dramane Ouattara, justifieraient une intervention militaire !
Et que dire de la représentativité de l’Assemblée Nationale française, d’où sont éliminés plus de 25 % des français du fait du mode de scrutin
voulu par la majorité UMP+PS ?
Pour être objectif, la France n’est évidemment pas seule à pratiquer le respect sélectif des votes populaires. Il semble même que cette pratique
soit l’apanage des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.
Ainsi,les fraudes massives constatées lors des élections de 2010 en Egypte, n’ont fait
l’objet d’aucune déclaration de la part de la « Communauté internationale ». On a d‘ailleurs pu constater la validité et la durabilité d’un vote à plus de 80 % en faveur de monsieur
Moubarak, rejeté par la rue moins d’un an après les résultats « admirables » obtenus lors de l’élection. Même remarque pour le vote tunisien en faveur de monsieur Ben Ali. Les exemples
du mépris des « votes » par la « Communauté internationale » ne manquent pas. En voici encore quelques uns.
Les élections algériennes de 1991, qui ont vu la victoire massive du FIS (Front islamique du salut) ont été annulées par le Gouvernement, avec
l’assentiment de la « Communauté internationale ». Il s’en est suivi une guerre civile et 200 000 morts.
La déclaration n° 242 de l’ONU stipulait le retrait d’Israël des territoires occupés en 1967. Résolution jamais suivie d’effet. Pas plus que le
non respect des résolutions 338, 476, 478, 1322… Sans aucune conséquence pour l’Etat d’Israël et sans états d’âme de la « Communauté internationale ».
Les USA de Georges W. Bush ont fait la guerre en Irak et en Afghanistan, pour, officiellement y abattre une tyrannie et y établir la démocratie.
Entraînant de fait la mise en place de régimes corrompus et le chaos dans ces pays.
Rappelons aussi la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies,adoptée par
le Conseil de sécurité, dont la France, le 10 juin 1999. Elle réaffirme l'intégrité territoriale de la République fédérale de Yougoslavie (RFY), devenue aujourd'hui la Serbie, et sa
souveraineté au Kosovo.Le 17 février 2008, le parlement de la province du Kosovo, réuni en session extraordinaire, vote le texte présenté par le
premier ministre Hashim Thaçi proclamant l'indépendance du Kosovo : « Nous proclamons l’indépendance du Kosovo, État indépendant et démocratique [...] »
Malgré les protestations de la Serbie, dont le Kosovo est partie intégrante.
Bien que cette déclaration déclarée illégale pour la Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, dans
les jours suivants, les trois autres pays membres permanents du Conseil de Sécurité (Etats-Unis, Grande Bretagne et France), ayant pourtant voté la résolution 1244,reconnaissent l'indépendance du Kosovo !
Il faut peut-être aussi se rappeler une évidence: « La démocratie ne peut se
résumer à des élections périodiques. » ( Pierre Rosanvallon, du Collège de France). C’est pourtant le vote qui est présenté comme une preuve de démocratie, par la « Communauté
internationale ».
Pour la « Communauté internationale » la démocratie est ainsi à géométrie très variable. Les résultats des élections ne sont reconnus
que s'ils sont conformes à son intérêt. Ou pire à l’humeur de certains de ses dirigeants ! Ainsi, force est d’admettre que les positions de la « Communauté internationale »
ne sont en aucune façon une garantie d’objectivité « démocratique », et ne sauraient être admises sans vérifications.
Pas plus que ne sont à prendre en l’état les injonctions des membres du Tribunal Pénal International (TPI) qui manient facilement la menace
a priori. Ça peut même rappeler parfois les méthodes d’autrefois sur « la question ». C’est du moins ainsi que j’ai interprété la prise de position de madame Fatoumata Bensouda
adjointe du procureur du TPI : « je suis prête à venir en Côte d’Ivoire [m’occuper de Gbagbo]… Tremblez braves gens la justice va passer. Rappelons aussi à ce sujet les déclarations de
madame Carla Del Ponte qui fut présidente du TPI pour la Yougoslavie. Après avoir traqué des Serbes pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité elle a reconnu, après avoir quitté ses
fonctions, que des kosovares (en particulier monsieur Hashim Thaçi, l’actuel « Président » du Kosovo) ne valaient pas mieux ! Notons que Bernard Kouchner a réagit violemment au
livre de Carla del Ponte (La traque : les criminels de guerre et moi. Editions Eloïse d’Ormesson, 2009) qui évoquerait sa complicité passive.
Les informations données par les médias français ne peuvent que susciter doutes et prévention, tant elles ne semblent exprimer,
sur la Côte d’Ivoire, que la voix de la pensée unique, conforme avec celle de la « Communauté internationale ». A ce sujet notons une remarque édifiante de l’hebdomadaire
Marianne : « L'ancien procureur du tribunal pénal international[Carla del Ponte] avait droit de cité dans toute la presse lorsqu'elle s'en prenait aux Serbes. Mais aujourd'hui qu'elle accuse les
dirigeants de l'UCK de graves crimes de guerre, silence ! »
Toujours au sujet du comportement de la presse, rappelons la volée de bois vert reçue par Régis Debray (L’emprise, Gallimard,
2000) de la part des médias français, pour s’être rendu en Yougoslavie et ne pas y avoir constaté les informations passant en boucle dans la presse. Au sujet de la Côte d’Ivoire la
connivence, apparente du moins, entre le pouvoir politique et le pouvoir médiatique, surtout télévisuel, me semble flagrante.
Je prendrai un exemple : Celui del’émission « C dans
l’air »d’Yves Calvi du vendredi 07 janvier 2011, sur France5, d’ordinaire plus équilibrée, où les quatre invités (dont un seul africain) étaient
tous pro-Ouattara, et à charge contre monsieur Gbagbo. Emission où un des invités d’une suffisance rare (M. Hugeux) a traité en direct messieurs Dumas et Vergès de « pieds nickelés »,
pour avoir pris la défense de monsieur Gbagbo ! Quelles que soient les opinions que l’on puisse avoir de ces deux avocats de renom, le qualificatif de « pieds nickelés » est
diffamatoire, non objectif et inadapté. Quand à monsieur Roland Dumas, ex-Ministre des affaires étrangères et ex-Président du Conseil constitutionnel français, il me semble difficile de douter de
sa compétence en matière de droit institutionnel.Or, même si l’on s’en tient aux chiffres contestés de l’ONU en Côte d’Ivoire, monsieur Gbagbo ayant
obtenu plus de 45% des voix aurait mérité au moins un défenseur sur quatre lors de cette émission habituellement sérieuse et très regardée.
Autre exemple de la cécité de certains médias. Quel média Français a fait état de la démission du général bengladeshiAbdul Hafiz,commandant l’ONUCI (forces de l’ONU en Côte d’Ivoire)? Pourtant cette démission n’était pas anodine
puisqu’il a déclaré " La mission en Côte d’Ivoire de l’ONUCI est terminée depuis décembre 2010. Nous ne sommes pas là pour tuer les
ivoiriens, je ne veux pas demeurer dans « le faux ». Bien que remplacé par un général togolais, l’ONU n’a pas cru devoir faire de déclaration. La
démission d’un général commandant les forces de l’ONU en Côte d’Ivoire aurait peut-être pu attirer l’attention de ces médias, dont certains ont des correspondants permanents à Abidjan. Ainsi, il
n’est pas irrationnel de rapprocher cette démission de remarques formulées par des observateurs avertis sur le rôle de l’ONUCI. PourMichel Galy :
« […]Cela illustre ce que je disais sur le rôle partial des deux corps expéditionnaires, à savoir l’ONU
et la force Licorne, sachant que l’Onuci a comme mandat de protéger les civils. Que font-ils autour de l’hôtel du Golf avec la force Licorne et les forces rebelles, ce qui est un cas pratiquement
unique au monde, au lieu d’être du côté de Duékoué et de Touleupleu, où il y a des dizaines de milliers de civils qui fuient au Libéria devant l’avancée des forces rebelles
? » Pour Véronique Tadjo :« Le problème à l’heure actuelle,
c’est qu’on a l’impression qu’elles sont là pour le camp Ouatarra puisqu’elles lui apportent un soutien à la fois sécuritaire et logistique. »
J’ai donc pris le parti de présenter dans le présent document, quelques uns des points de vue, nombreux et non négligeables, émanent d’abord
d’africains, sur la crise, ou plutôt sur la tragédie de la Côte d’Ivoire. Avis et opinions pour la plupart différents de la litanie officielle de la « Communauté internationale ». Ils
sont présentés dans les chapitres suivants.
La Vérité est rarement univoque et c’est ici le cas. C’est pourtant l’impression que donnent les médias français depuis le début
de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. L'information est biaisée. Notre Président de la République et les médias français ont tous pris parti pour M. Alassane Ouattara, paré de toutes les
qualités (en particulier ex-gouverneur du FMI, suivez mon regard), y compris celle d’être élu hors les procédures prévues par la constitution ivoirienne ! Il ne faut pas cesser de rappeler
que la Côte d’Ivoire est un Etat de Droit disposant d’une Constitution bafouée par la « Communauté internationale ». Monsieur Gbagbo serait lui un manipulateur (le boulanger d’Abidjan
qui roule tout le monde dans la farine), ex-professeur gauchiste, emprisonné par Ouattara lorsqu’il était Premier Ministre d’Houphouet-Boigny, un prévaricateur, un meurtrierdoté d’escadrons de la mort… Ces opinions sont envoyées sur les plateaux de télévision sans nuances et apparemment
en méconnaissance du dossier, mais avec force conviction. Des « escadrons de la mort » ont aussi sévi lors de l’avancée des Forces Nouvelles et des dizaines de gendarmes réguliers et
leurs familles ont fini dans des fosses communes, à Bouaké et Khorogo.
Pourtant en matière de comportement, les hommes de Gbagbo et ceux de Ouattara sont renvoyés dos à dos par le rapport d’Amnesty international du
22 février 2011. Rapport terrible et hélas très équilibré, comme c’est le plus souvent le cas lors des guerres :
“Violations des droits humains commises par les forces de sécurité loyales à Laurent Gbagbo : exécutions
extrajudiciaires et usage excessif de la force, violences sexuelles et viols, disparitions, mauvais traitements. “
“Atteintes aux droits humains commises par les Forces nouvelles[Ouattara] : homicides arbitraires et délibérés, détention arbitraire et mauvais traitements, viols. “
Le rapport complet du22 février 2011 (Index AI : AFR 31/001/2011)est présenté plus loin.
A ce sujet il n’est pas inutile de citer l’avis d’un anti-Gbagbo, le journaliste et écrivain ivoirien Venance Konan, dans une
interview à l’hebdomadaire Marianne (semaine du 19 au 25 mars 2011, réalisée par Alain Léauthier, sous le titre « Il est temps de dégager Gbagbo par la force » :
« Je n'oublie pas les pillages, les viols et les meurtres dont elles[les Forces Nouvelles
des ex-rebelles du nord, soutien d’Alassane Ouattara] se sont rendues coupables dans le Nord. Avec elles, ce n'était pas non plus joyeux, joyeux... »
Les forces de Ouattara sont aussi passibles des tribunaux que celles de Gbagbo. Leur nom ne change rien aux faits, qu’elles s’appellent Forces
Nouvelles ou « Escadrons de la mort ».
On ne voit pas pourquoi les Forces Nouvelles de Ouattara seraient plus recommandables que les milices pro-Gbagbo. Du point de vue
des exactions contre les populations, rien ne justifie de privilégier Oattara sur Gbagbo. D’autant plus que les exactions des Forces Nouvelles au nord se sont doublées de trafic en tous genres
des Com-Zones (les commandant de zone), qui perdurent. L’ONU elle même a fait état, en 2003-2004, des fosses communes du nord : « Le 6 octobre 2002, une soixantaine de gendarmes loyalistes et une cinquantaine de leurs enfants ont été abattus par des éléments de la rébellion dans une caserne à Bouaké.
Révélé par une agence de presse catholique, ce massacre ne sera confirmé que plus tard par Amnesty International. » Elles se sont poursuivies depuis. Il y a eu des exécutions sommaires et des charniers à Bouaké et Khorogo : « L’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) a découvert trois
charniers au nord de la Côte d’Ivoire, dans la région de Korhogo où se sont rendus par deux fois ses enquêteurs chargés des droits de l’homme et de la police, du 1er au 12 juillet et du 22 au 26
juillet derniers. Avant même la publication de leur rapport, annoncée comme imminente, les spécialistes onusiens ont annoncé le 2 août qu’ils avaient pu établir la mise à mort, par balles,
décapitation ou asphyxie, de quelque 99 personnes au moins ».Il semblerait bien que ces exactions des Forces Nouvelles soient désormais
oubliées et que seul le comportement des forces, loyalistes ivoiriennes (FDS, forces de sécurité), soit dans le viseur de la justice internationale, alors même que ces forces de sécurité
régulières et légales sont harcelées à Abidjan par une guérilla urbaine lourdement armée venue du nord. Le collectif des victimes du nord estime le nombre de victimes à plus de 300 et Amnesty
international s’étonnait, en 2004, de la lenteur de l’ONUCI à publier son enquête.
Le Gouvernement de monsieur Gbagbo accuse l’ONU (10 000 hommes) et la force Licorne (Française) de partialité. Cette question se pose
également avec acuité car comment expliquer autrement que des affrontements aient lieu dans l’ouest, avec exactions évidemment, et que les forces de l’ONU, dont c’était la mission, ne
s’interposent pas pour protéger les populations. Par contre, ces forces protègent l’hôtel du Golf où réside monsieur Ouattara
Une évidence s’impose, le matraquage que nous subissons en faveur de monsieur Ouattara (ex-gouverneur du FMI) ressemble fort à celui que nous
subissons en faveur de monsieur Dominique Strauss-Kahn (Directeur général du FMI). Y aurait-il une relation ? La « Communauté internationale » aurait-elle fait un choix
« d’opérateur ». Il est vrai que monsieur Ouattara a fait ses études aux USA et qu’il a essayé de mener une politique très libérale lorsqu’il était Premier Ministre de Côte d’Ivoire,
sous Félix Houphouet-Boigny.
In finece qui me semble le plus dangereux pour
la « Démocratie », c’est l’usage permanent par la « Communauté internationale » du principe tacite du « deux poids deux mesures ». Et pourtant cette
« Communauté internationale » a la prétention d’imposer partout ses diktats. Curieusement, à moins qu’il ne s’agisse de paresse, les peuples suivent. Combien de fois n’ai-je
entendu : « C’est vrai, puisque c’est la Communauté internationale qui le dit ». Effectivement en terme de communication, cette « Communauté internationale » a réussi son
coup, puisque personne ne semble se préoccuper de savoir qui elle est, où elle est située comment les décisions s’y prennent, ni surtout qu’elle est la situation réelle en Côte
d’Ivoire..
Curieusement, même le clan Ouattara en Côte d’Ivoire vient de regretter ce régime du deux poids deux mesures de la
« Communauté internationale » qui bombarde Kadhafi et ne bombarde pas (encore) Gbagbo !
Ainsi, tout esprit cartésien ne peut qu’être circonspect lorsque des votes s’expriment avec des scores irréalistes frisant
l’unanimité (comme ceux, en particulier, dans le nord de la Côte d’Ivoire, tenu par une rébellion armée), ou l’assentiment sans faille de la « Communauté internationale », ou encore les
« informations » toutes identiques des médias français. Par devoir citoyen, il devient indispensable d’aller chercher les explications et justifications éventuelles. Il devient
indispensable de dénoncer les manquements à la vérité, hélas de plus en plus nombreux en tous domaines. C’est mon attitude au sujet de la Côte d’Ivoire.« Il arrive un moment où la parole n’est plus un droit mais un devoir. » (Rachid Kaci Lettre ouverte aux démagogues. Editions des Syrtes,
2006).
Que s’est-il donc passé en Côte d’Ivoire depuis le 28 novembre 2010 ? Quelles ont été les conditions de la mise en œuvre de ces
élections ? Quels ont été les résultats et leur validité ? Quel rôle joue la France de monsieur Sarkozy associé à la « Communauté internationale » en cette
affaire. Puisque la Côte d’Ivoire est un pays souverain, membre de l’ONU, et que son état est régi par des règles de Droit. En quoi des puissances étrangères ont-elles pris parti pour un camp
électoral contre l’autre, sans discernement ni nuances, avec une véhémence rare ?
Car enfin de quoi s’agit-il ? De résultats électoraux contestés avec des scores très voisins, presque
« démocratiques » et respectables.Dans un scrutin africain qui pourrait passer pour exemplaire avec un score final oscillant de 47-54%
(Résultats de la CEI-Commission électorale indépendante) à 52-48% (Résultats du Conseil Constitutionnel). Score que l’on pourrait ainsi qualifier de 50-50. Ces scores justifient-ils de mettre un
pays à feu et à sang. L’un des deux groupe mérite-t-il tellement plus de considération que l’autre, qu’il faille employer les grands moyens. Tout cela est à la fois dérisoire et pathétique. Pour
Pierre Sané, ancien Secrétaire général d’Amnesty international et ancien Sous-Directeur général de l’UNESCO, il s’agit d’une logique de l’absurde (voir chapitres suivants).
Pourquoi tant d'intérêt et d’agressivité des USA et de la France pour se mêler des affaires internes d'un pays souverain et ami ?
L’équilibre du monde est-il en danger ? Non bien sûr. Par contre l’équilibre de l’Afrique occidentale est en cause. Pourquoi cette ingérence de la « Communauté internationale » et
sa volonté d’imposer un candidat, monsieur Alassane Ouattara(homme du Nord ex-gouverneur du FMI) aux dépends de monsieur Gbagbo (homme du Sud
ex-professeur) ?A moins que poser la question dans le contexte mondialisé actuel c’est déjà y apporter un
élément de réponse.
Quels sont donc les résultats du deuxième tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire ?
D’après la Commission électorale indépendante (CEI), monsieur Alassane Ouattara a été élu, avec 54 % des suffrages. Ces résultats
obligatoirement provisoires, ont été proclamés illégalement à l’hôtel du Golf, donc dans des locaux privés occupés par un des candidats (M. Alassane Ouattara). La procédure légale était de
soumettre ces résultats provisoires pour approbation ou invalidation, au Conseil constitutionnel, conformément à la Constitution ivoirienne. Or c’est monsieur Choi, représentant de l’ONU qui
s’est arrogé le pouvoir, dans un pays souverain, de valider ces résultats (son rôle officiel était seulement de valider le bon déroulement de la procédure). Ces résultats provisoires ont
immédiatement été reconnus par la France et la « Communauté internationale ». Cette proclamation a été en tous points illégale, et non conforme à la Constitution ivoirienne.
D’après le Conseil constitutionnel (qui doit valider les résultats, d’après la Constitution ivoirienne, après avoir purgé les réclamations
éventuelles), monsieur Laurent Gbagbo a été élu avec 52 % des voix, suite à l’annulation d’un certain nombre de résultats considérés comme frauduleux et provenant du nord du pays occupé
militairement par le Forces Nouvelles (« ex-rebelles ») de messieurs Ouattara et Soro.
Sur la validité des résultats eux-mêmes, la distorsion entre l’avis de la Commission électorale indépendante et la position du Conseil
constitutionnel résulte de la contestation officielle de la validité des résultats du Nord occupé par les rebelles, ayant massivement voté Ouattara (jusqu’à plus de 90%). Voir les résultats au
chapitre suivant.
Aussi la « montée au créneau » instantanée de la France, de la « Communauté internationale », des USA, du Canada, du
Tribunal Pénal International, de l’ONU … ? en faveur de monsieur Ouattara me semble particulièrement suspecte et sans rapport avec l’élection, ses modalités et ses résultats.
Jamais des élections contestées en Tunisie (plus de 90 % pour monsieur Ben Ali), en Egypte (plus de 80 % pour monsieur Moubarak), au Gabon et
ailleurs n’ont suscité une telle prise de position de la « Communauté internationale ».
Même si la réponse est incertaine, il faut la poser.Pourquoi le Président de la
République Française prend-il fait et cause pour un des candidats (Alassane Ouattara) en contradiction avec l’autorité juridique suprême du pays ?
Est-ce pour imposer l’état de droit ?
Dans un pays souverain, c’est le respect de la constitution qui est garant de l’état de droit. Jusqu’ici la constitution a été
respectée. C’est le Conseil constitutionnel qui déclare le résultat des élections après vérification des suffrages et examen des réclamations. Le Conseil constitutionnel a déclaré élu monsieur
Laurent Gbagbo doncen DROIT monsieur Laurent Gbagbo est le président élu de la Côte d’Ivoire.C’est la
« Communauté internationale » qui ne veut pas l’admettre. Il faut encore rappeler que dans toutes les autres élections africaines, c’est bien la plus haute juridiction du pays qui
annonce les résultats et que le Président Sarkozy n’y a rien trouvé à redire. Il me faut ici citer deux cas d’école.Tout d’abord l’élection de Georges W.
Bush élu contre Al Gore, avec moins de voix que lui. Election validée par la Cour suprême des Etats-Unis d’Amérique. Le recomptage des voix de cette élection a duré des semaines. Alors qu’en Côte
d’Ivoire le représentant de l’ONU ose déclarer, curieusement, à l’Union Africaine : « le recomptage des voix serait injuste pour monsieur Alassane Ouattara. »Il faut être d’un cynisme abouti pour déclarer que le recomptage des voix demandé par monsieur Gbagbo est une injustice pour son concurrent !
Est-ce pour affirmer une tutelle surannée de la France ? La Françafrique est finie avait déclaré monsieur Sarkozy.Il faut aussi rajouter que plus le contexte est délicat, plus la prudence et le doigté sont déterminants. Ce tact ne semble pas la caractéristique du
gouvernement français actuel. Les Français résidents en Côte d’Ivoire ne s’y sont pas trompé et j’ai pu lire :[...] "Paris s`est dit "prêt"
jeudi à évacuer les 15.000 Français et binationauxsur place, si nécessaire. Mais cet entrepreneur[cité dans l'article] souhaite surtout que leprésident Nicolas Sarkozy se fasse plus discret, pour ne pas exciter
lessentiments antifrançais : "qu`il se taise !".
Demande adressée à l’Elysées, par un membre de l’UMP de Côte d’Ivoire et non suivi d’effet, évidemment.
Comment Nicolas Sarkozy, Président de la République Française a-t-il pu dire en tribune à Bruxelles :Gbagbo doit partir «avant la fin de la semaine» ? C’est proprement surréaliste !
L’attitude de la France est-elle de la « realpolitik « ?
Mais alors pour quel intérêt français ? A part le cacao aux mains de groupes américains les groupes français sont titulaires
d’importants marchés (Bouygues, Air France, Total, Société générale…). On estime à plus de 400 le nombre
d’entreprises françaises. Elles représentent près de 30% du PIB de la Côte d’Ivoire. Ne pas oublier non plus que la Côte d’Ivoire était francophone et francophile. Pour ceux que la politique
étrangère de la France intéresse, j’évoquerai unpeu d'histoire lointaine, peut-être anecdotique, mais significative : Ho Chi Min était francophone et
francophile, il n'a pas été écouté par les dirigeants français dans les années cinquante, nous avons donc fait et perdu la guerre en Indochine, aujourd'hui le Viet Nam parle anglais... Belle
lucidité de nos dirigeants et beau sens de la prévision. Il semble que le gâchis doive se reproduire en Côte d’Ivoire. Comment s’étonner alors « que la France ait perdu
l’Afrique » ?
Mais alors, où faut-il chercher les raisons de l’ingérence française ? Peut-être faut-il chercher du côté des dogmes et de
l’irrationnel, ou de l’orgueil froissé de notre Président ?Rappelons ainsi que Laurent Gbagbo a été le seul chef d'Etat africain à ne pas participer au
défilé du 14 juillet 2010 à Paris. Etait-ce supportable pour notre Président ? Pour l’anecdote et par ailleurs signalons que monsieur Alassane Ouattara a été marié en 1990 par monsieur Nicolas
Sarkozy à Neuilly, quand il en était le maire et qu’il entretien depuis des relations amicales avec le couple Ouattara (madame Ouattara est par ailleurs une redoutable femme d’affaires), y a-t-il
là une piste complémentaire à explorer ?
Quoi qu’il en soit, à l'évidence le colonialisme et le paternalisme ne sont pas morts. Les dirigeants africains doivent être dociles et
"coopératifs".
Pour les américains leurs motivations semblent plus simples à élucider. Ils veulent sécuriser leur approvisionnement en cacao. Soit. La Côte
d'Ivoire étant le premier producteur mondial et ce marché est entre les mains des américains. Ce qui se passe en Côte d'Ivoire ne leur est pas indifférent. Mais leur motivation à intervenir me
semble être d’un autre ordre. Chez eux, l'aversion de la "gauche" est radicale, or Gbagbo est membre de l'internationale socialiste, quand Ouattara est un libéral, passé par Washington. C’est
sans doute là qu’il faut y trouver une explication ?
Je ne détiens pas forcément la Vérité et m'arroge le droit de me tromper, suivant ainsi le grand poète et philosophe indien
Rabîndranath Tagore (prix Nobel de littérature en 1913) qui a énoncé : " Si tu fermes la porte à toutes tes erreurs(si tu as peur de te
tromper) tu fermes aussi la porte à la vérité."
La mode étant aux réseaux sociaux et à l’Internet, j’ai rassemblé dans le présent document des avis et opinions différents de ceux entendus à la
télévision française dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils sont tronqués et tendancieux, sinon fallacieux. Les documents présentés permettent pour le moins de nuancer la position de la
« Communauté internationale », par l’analyse de nombreux observateurs et intellectuels africains.
Cette affaire étant particulièrement démonstrative d’une démocratie à géométrie variable de la « Communauté internationale ». Comme
d’une volonté d’ingérence active de la France dans ses anciennes colonies. Il faudrait plutôt dire, du Président de la République Française, qui après avoir déclaré dans un discours désormais
célèbre que « l’Homme africain n’était pas entré dans l’histoire » s’implique personnellement dans une crise pour des raisons qui ne ressortent pas du seul intérêt supérieur de
la France. Au contraire. C’est du moins ma perception.
Pour comprendre, il faut d’abord s’en tenir aux faits rappelés ici très succinctement.
La Côte d’Ivoire est un Etat souverain, membre des Nations Unies. Le pays s’est doté d’une Constitution dès l’accession à l’indépendance le 31
octobre 1960. Cette constitution a été modifiée plusieurs fois, mais moins que la France durant la même période.
Le pays, comme la plupart des pays africains, est constitué d’ethnies nombreuses qui n’ont pas toujours vécu en bonne entente. En 2002, les
ethnies du nord (aidées et armées par le Burkina Faso limitrophe) sont entrées en rébellion aboutissant à la partition du pays en deux. Le Nord à dominante musulmane, le sud à dominante
chrétienne et animiste. Il serait abusif et même faux de décréter que cette rébellion était d’inspiration religieuse. Par contre les ethnies du nord de la Côte d’Ivoire sont sœurs de celles du
Burkina Faso. Quoi qu’il en soit le résultat a été une partition du pays, son affaiblissement, sa régression économique et l’intervention des forces militaires de l’ONU pour séparer les
belligérants.
Que la « Communauté internationale » l’accepte ou non,monsieur
Gbagbo a bien été élu président de la République en 2000. Lorsque une guerre a été déclenchée en 2002 contre le régime légal et légitime en place, par la rébellion du nord, la « Communauté
internationale » n’a rien fait pour soutenir le régime constitutionnellement établi de Laurent Gbagbo.
En 2005, les élections présidentielles n’ont pas eu lieu en raison de la rébellion armée qui sévissait dans le pays depuis 2002. Rébellion
conduite par Guillaume Soro, soutien (et actuel Premier Ministre) de monsieur Ouattara qui a scindé le pays en deux et plongé l’ensemble du territoire dans une situation de crise économique et
sociale grave.
Dans une situation chaotique qui a duré plus de huit années (et qui se prolonge), des tentatives de réconciliation ont eu lieu sous l’égide de
la France (accord Marcoussis) et de l’Union Africaine Les faits marquants ont été d’une part l’entrée des ex-rebelles dans le Gouvernement de monsieur Gbagbo (sur pression de la France). En
particulier le poste de Premier Ministre leur a été attribué, occupé par monsieur Guillaume Soro. En 2007, les accords de Ouagadougou (au Burkina Faso) ont défini les modalités de l’élection
présidentielle fixée à 2010. En particulier ces accords prévoyaient le désarmement des Forces Nouvelles (ex-rébellion) avant les élections. Cette disposition n’a pas été respectée sur
intervention du représentant de la France, monsieur de Bonnecorse qui a estimé que la fin de la rébellion n’était pas un préalable aux élections !
Des élections présidentielles ont ainsi finalement eu lieu en 2010 dans des conditions qui auraient dues être considérées comme inacceptable par
la « Communauté internationale », les accords de 2007 n’ayant pas été respecté pour une des parties (la rébellion du nord). En effet, comment garantir l’objectivité et la sincérité d’un
scrutin dans un pays occupé par une faction armée sur 60 % du territoire ?
Monsieur Laurent Gbagbo a été déclaré élu suivant les voies du droit ivoirien, alors que la « Communauté internationale » s’ingère
sans droit ni titre dans les affaires internes d’un pays souverain et déclare élu monsieur Alassane Dramane Ouattara.
Depuis donc le deuxième tour de l’élection présidentielle le 28 novembre 2010, la situation est bloquée, mais la « Communauté
internationale » met tout en œuvre, dont des sanctions à l’encontre du peuple ivoirien (embargo sur les médicaments par exemple) pour faire fléchir le Président sortant, réélu, monsieur
Laurent Gbagbo et qu’il cède la place à monsieur Alassane Dramane Ouattara.
Quelle leçon retiendra l’histoire de cette élection nul ne le sait, mais la « Communauté internationale » et la France, feraient bien
d’entendre la rue africaine qui les désapprouve.
A ceux dont l’information est seulement franco-française je suggère de lire les avis, analyses et opinions d’intellectuels africains, qui pour
« n’être pas encore entrés dans l’histoire » selon monsieur Sarkozy, savent de quoi ils parlent au sujet de la Côte d’Ivoire. Les textes empruntés sont présentés entre
guillemets.
D’après l’ancien ministre turc des Affaires
étrangères Yasser Yakis « La résolution 1973 des Nations Unies ne permet pas ce qui se passe en Libye ».
De l’usage du drapeau Français : puisque l’époque est propice à l’indignation,
s’agissant de la Libye relevons que le Premier Ministre François Fillon, le 22 mars 2011, à la tribune de l’Assemblée Nationale, a justifié l’intervention militaire de la France, entre autres
considérations, car « les insurgés ont hissé le drapeau français »! Dans les années 1999-2000 l’île d’Anjouan, aux Comores, avait appelé à l’aide et aussi hissé le drapeau tricolore
en vain. Dix ans plus tard les Mahorais (Mayotte) eux ont obtenu gain de cause et l’intégration dans la République Française.
Est-il farfelu de rapprocher ces évènements de certains comportements de monsieur Nicolas
Sarkozy, comme la saute d’humeur l’ayant conduit à un licenciement immédiat d’un préfet de Corse apprécié, suite à l’intrusion non violente de nationaliste corses dans la villa de son ami le
comédien Christian Clavier ?
"Les Français, à force d'immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux (..) ou de voir des pratiques qui s'imposent à eux et qui ne
correspondent pas aux règles de notre vie sociale."
Claude Guéant, Ministre de l'intérieur.
in journal Le Monde daté du vendredi 18 mars 2011
Claude Guéant ayant été depuis 10 ans le plus proche collaborateur de M. Nicolas Sarkozy (à l'Intérieur et à la Présidence), il est temps qu'il s'en rende
compte.
Evidemment l'opposition, co-responsable de cet état de fait, monte sur ses grands chevaux, de même que certains députés de la majorité UMP !
Je cherche toujours à comprendre l'intérêt pour notre pays de sa dissolution dans des populations allogènes, aux cultures radicalement différentes.
L'exemple de la Côte d'Ivoire devrait pourtant nous inciter à la réflexion critique. Voilà un pays qui a été on ne peut plus accueillant pour les "étrangers" (ils
représentent aujourd'hui 25 % de la population) et où désormais les "étrangers" s'estiment chez eux. Avec les mêmes droits. On parle même de couper le pays en deux.
L'exemple du Kosovo est encore plus démonstratif. Parce que plus avancé. Cette province Serbe s'est peuplée progressivement d'Albanais et maintenant elle a fait
sécession.
Suivant cet exemple, à quand la sécessionen républiques indépendantesde Marseille ou
de Lille-Roubaix ?
1 - Après Hervé Morin, Ministre de la défense, Président du Nouveau Centre,remercié par Nicolas Sarkozy, qui nous avait présenté ses vœux dans sa cuisine, c'est au tour de Dominique Strauss-Kahn (DSK) de se mettre en scène dans sa
cuisine en train de préparer un repas (http://www.lepost.fr/article/2011/03/13/2433241_dsk-sur-canal-un-effet-bof.html).
L'article vaut le détour.
Leurs programmes respectifs vont-ils porter sur les apéros saucisson-pinard, sur le halal, ou sur l'art d'accomoder les restes ?
Pas très sérieux cette com.
2 -Les députés européens se votent une augmentation de 1500 euros par mois.
Les députés européens ont une rémunération mensuelle de 7 956,87 euros avant impôts et bénéficient d’une enveloppe mensuelle de 19 709
euros pour rémunérer leurs assistants. C’est cette enveloppe qu’ils viennent d’augmenter à 21 209 euros. Avec ce vote, les dépenses du Parlement européen augmenteront de 13,2 millions par
an.
:
Blog créé en 2008, à l'occasion des élections municipales d'Ampus (Var), par Roger Démosthène Casanova, Maire honoraire. Réaction aux questions d'actualité. Laïcité et démocratie.
Ce blog fait suite au blog de Démosthène saturé. Il est destiné, sans grande prétention, à soulever des
questions d'actualité à Ampus (village du Haut-Var), en France, en Europe, en Côte d'Ivoire, à Mayotte, ou ailleurs.
Ne pas se taire, garder le moral, ne pas avoir peur,
révéler les mensonges, rétablir la vérité et apporter une contribution responsable pour une démocratie vivante et positive, voilà mon
ambition.voilà ma ligne de conduite en rédigeant ce blog.
En démocratie, les contre-pouvoirs sont exercés par la société civile, les associations et les citoyens, dans le cadre de la
Loi.
On a le droit de ne pas vouloir voir et savoir. On a le
droit de dire "après moi le déluge". On a le droit de ne pas comprendre ce qu'est une évolution. On a le droit de ne pas vouloir en apprécier les conséquences. MAIS ON SAIT ! Et notre
responsabilité personnelle et collective est engagée, face à l'histoire.