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Publié par Casanova

NOTES DE LECTURE, Sur Boulevard Voltaire du 25 novembre 2013.  

NB. J’ai modifié la mise en page pour faire ressortir ce qui me semble essentiel. Les surlignages sont aussi de mon fait.

Entretien avec Dimitri Casali, historien.

SOURCE : http://www.bvoltaire.fr/dimitricasali/en-attendant-un-nouveau-bonaparte-ou-un-autre-de-gaulle,42627?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=217b355536-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-217b355536-29264525

« Question de Boulevard Voltaire : Crise de régime, crise de société ou révolution : selon vous, sommes-nous en 1958, 1968 ou 1788 ?

« À mon sens, nous sommes à la veille de 1788, sachant que la France se trouve aujourd’hui au croisement de trois crises fondamentales.

La première, comme à la veille de la Révolution, est économique, la plus terrible depuis 1929. Crise qui déstabilise toutes les classes sociales par le biais d’une pression fiscale devenue insoutenable et d’un chômage de masse, non point conjoncturel mais devenu structurel ; soit deux phénomènes touchant de plein fouet les plus modestes de nos compatriotes, mais qui n’épargnent désormais plus l’ensemble de la classe moyenne.

La deuxième est d’ordre civilisationnel et culturel. Crise de l’Éducation nationale, censée, depuis ses pères fondateurs, assurer la transmission du savoir et de nos valeurs républicaines. Résultat, il y a rupture de la cohésion nationale. L’académicienne Jacqueline de Romilly, que j’ai eu le privilège de connaître, aimait à dire : « Je sens monter la vague de l’ignorance… » Une autre femme dont je me sens éminemment proche, l’écrivain Malika Sorel, dont l’itinéraire est certes différent, quoiqu’elle partage le même amour de l’Histoire de France que Jacqueline de Romilly, dit sensiblement la même chose.

La troisième est d’ordre moral. Crise de l’individualisme, fille de l’époque des Lumières, mais que l’actuel consumérisme forcené a encore exacerbé. Règne du chacun pour soi. Aujourd’hui, si l’équivalent français d’un John Fitzgerald Kennedy nous affirmait : « Ne vous demandez pas ce que le pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre pays », je vous laisse imaginer le tollé…

Alors oui, nous sommes peut-être à l’aube d’un 1788. Ne reste plus qu’à espérer l’arrivée d’un nouveau Bonaparte ou d’un autre de Gaulle. Ou de quelqu’un d’autre encore, qui pourrait incarner aujourd’hui ce que fut le RPR des années 70… »  

OBSERVATIONS.

  • Dimitri Casali est l’auteur de livres remarquables sur la disparition de l’enseignement de l’histoire à nos enfants (en particulier « l’histoire de France qu’on assassine »). Donc sur la suppression des repères de notre civilisation, par une « élite » mondialisée au pouvoir en France depuis des décennies.
  • J’ai souvent cité Malika Sorel (d’origine algérienne) et ses ouvrages, pour sa lucidité dans la crise de l’intégration. Bien que membre du Haut conseil à l’intégration, ses avis semblent négligés par le pouvoir, en particulier socialiste. C’est logique, et triste, puisqu’elle écrit et parle d’expérience, un langage de vérité, sans langue de bois. Elle est contredite par Jean-Louis Bianco, président d’un nouvel organisme créé pour lui, « l’Observatoire de la laïcité », pour servir de relai d’opinion au président de la République. C’est ainsi que Jean-Louis Bianco, ancien ministre socialiste et ancien porte parole de l’Elysée sous Mitterrand, qui n’est pas le dernier des imbéciles, ne voit curieusement pas de problème avec le voile islamique ! En particulier à l’université. C’est vraiment à se demander comment des hommes (et des femmes) de grande culture peuvent-ils être à ce point dans le déni de réalité sociétale.
  • J’écrivais déjà, au sujet de l’article d’Eric Zemmour : « Pour sortir du bourbier il faudrait un homme ou une femme visionnaire et résolu, comme Bonaparte, de Gaulle ou Catherine II de Russie, je ne vois pas cet oiseau rare dans le personnel politique en fonction. » Je suis donc en phase avec Dimitri Casali.
  • Un commentaire sur Boulevard Voltaire : Francine Hauser ·
  • Quand les femmes et les hommes politiques se poseront la question de savoir ce qu'ils peuvent faire pour leur pays on aura tout gagné, car pour l'instant ils sont toujours à se demander ce qu'ils pourraient en tirer pour eux et leurs amis.

 

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