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Publié par Casanova

Lors de son meeting à Marseille, monsieur MELENCHON s’est surpassé, et "a donné le bâton pour se faire battre". Suivant en cela tous les ignorants de l’histoire qui se croient obligés de donner malgré tout des leçons...

 au "Café du commerce."

 

Ainsi,

 

Refusant : « l’idée morbide et paranoïaque du choc des civilisations. »

Déclarant : « il n’y a pas d’avenir pour la France sans les arabes et les berbères »

Il se contredit et pratique le méli-mélo politique : « Ici, il y a 2600 ans, une femme a fait le choix de prendre pour époux l’immigré qui descendait d’un bateau, c’était un Grec et de ce couple est né Marseille. »

 

Effectivement, il dit bien Grec (et pas Arabe ou Berbère). Cet immigré Grec (pays européen du nord de la Méditerranée) a apporté la civilisation dans des contrées arriérées (aujourd’hui la France). Mais ce Grec et ses frères ont aussi apporté la même civilisation au sud de la Méditerranée, Egypte comprise (Alexandrie, Antioche…).

 

2500 ans plus tard le constat est redoutable en particulier pour ceux qui nient l’évidence et l’histoire. Que l’on veuille bien m’excuser du raccourci sans nuances de ma trop brève présentation ci-dessous, mais je ne puis rédiger une encyclopédie de l’histoire de la Méditerranée (ce dont d’ailleurs je serais incapable), pour démonter un discours politicien. Mais sur le fond, le contenu de mes lectures contredit monsieur MELENCHON. Pour ceux qui veulent savoir, lire Braudel, Ibn Kaldun, et bien d’autres dont Robert C. Davis.

 

Revenons à Marseille qui me tient à cœur (j'y ai fait mes études, y ai connu ma femme et où Brigitte notre fille est née).

 

Tout d’abord, les peuples du nord de la Méditerranée ont fait leur profit des apports grecs, puis romains. Ces peuples du nord ont intégré les leçons des philosophes (Aristote, Platon…) et des savants  (Archimède, Pythagore, Thalès…) venus de l’Est de Mare Nostrum. La Grèce a ainsi donné les fondations de notre civilisation occidentale. Pour ceux qui n’aiment pas le mot civilisation, nous pouvons dire notre culture. Ça ne change rien au fond.

 

Deux mots ensuite sur la civilisation arabo-musulmane, ou culture arabo-musulmane si ça vous chante, en Méditerranée. Les peuples du sud de la Méditerranée ont globalement préféré, à l’usage du levier et de la roue, la main d’œuvre humaine, esclave, puisée dans les réservoirs d’Afrique ou sur les bateaux de la Méditerranée (plus d’un million d’esclaves blancs chrétiens  entre 1500 et 1800), avec pour conséquence la conquête de l’Algérie, pour faire cesser ce commerce. Accessoirement, faut-il rappeler que le premier hôpital d'Algérie a été construit par les Français en 1832.

 

Faut-il évoquer aussi les « Cavaliers d’Allah ». Alors que tous les conquérants se sont imprégnés des civilisations de leurs conquêtes, « l’alliance des cités musulmanes et des nomades, conquérants et fermés à toute fascination envers leurs conquêtes,  a produit l’une des plus grandes catastrophes dont l’Histoire garde le souvenir… » (Jean-Claude Barreau : de l’Islam en général et du monde moderne en particulier, le Pré aux clercs éditeur, 1991).

 

Evoquons encore Ibn Khaldun (historien, philosophe et écrivain arabe, né à Tunis en 1332 et mort au Caire en 1406), bien que bon musulman pourtant il a écrit :  « Du Maroc au Pakistan, les cavaliers d’Allah ont déferlés …ils se précipitèrent comme une nuée de sauterelles, abimant et détruisant tout se qui se trouvait sur leur passage. » Ce déferlement a duré des siècles. Pas d’amalgame s’il vous plait.

 

Il y aurait beaucoup à dire et ça  a été écrit dans des livres d’histoire. Aussi, ceux qui ne veulent pas qu’on parle du choc des civilisations, et de l’idée morbide et paranoïaque qu’il véhicule, feraient bien de ne pas l’invoquer pour leurs besoins électoraux, prenant alors le risque de susciter amalgames et stigmatisations, qu’ils récusent. Provocant des réactions ils feraient bien de ne pas mettre d’huile sur le feu.

 

En résumé, le discours populiste et communautariste de Jean-Luc MELENCHON à Marseille a été un appel à la discrimination, sectaire et lourd de conséquences potentielles (Montesquieu : « Le véritable auteur de la guerre est celui qui la rend inévitable. Il n'est pas celui qui la déclare mais celui qui la rend nécessaire »)  Il faut arrêter de dire n’importe quoi ! La France éternelle aura un avenir si son peuple indistinct (toutes origines et religions confondues) le veux et cet avenir ne saurait être sous la dépendance d’un quelconque groupe ethnique ou religieux, comme il l’a déclaré avec véhémence à Marseille.

 

Les Arabes et les Berbères y ont leur place comme les Corses, les Bretons , ou les Niçois à la condition, qu’ils soient Français sans restrictions ni communautarismes. La France est un creuset où doivent se fondre et s’assimiler ses enfants. C’est le seul discours possible. Quand Marine Le PEN, et d’autres, parlent d’immigrés, ils ne parlent pas de Français d’origine étrangère, mais bien d’immigrés. Arrêter de faire l’amalgame. Ceux qui clivent (mot à la mode) sont ceux qui considèrent que l’origine (du sud) mérite une attention plus particulière des autorités. Les survivants de nos villages de Corse ou de la Creuse, méritent au moins autant de considération et de solidarité que ceux qui ont traversé la Méditerranée, parce que leurs dirigeants ont failli.

 

Déclarer  « il n’y a pas d’avenir pour la France sans les arabes et les berbères » est inacceptable de la part d’un politicien cultivé. C'est de la pure démagogie électoraliste !

 

A suivre.

 


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