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Publié par Casanova

Manipulation de l’information. BHL, sionisme, Libye et Syrie

 

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/562416-le-serment-de-tobrouk-de-bhl-une-manipulation-de-l-information.html

 

"Le serment de Tobrouk" de BHL : une manipulation de l'information

par Pascal Boniface, directeur de l’IRIS

Le 31-05-2012 à 17h59

 

« Conclusion »

 

Ego, trip et manipulation

 

[…] On peut également parier que le documentaire ne contient pas l'aveu pour le moins étonnant fait par Bernard-Henri Lévy à la Convention nationale du CRIF l’hiver dernier, disant qu’il avait agi dans cette affaire en pensant à Israël : "J'ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël […] C'est en tant que juif que j'ai participé à cette aventure politique, que j'ai contribué à définir des fronts militants, que j'ai contribué à élaborer pour mon pays et pour un autre pays une stratégie et des tactiques."

 

Bref, l’enjeu du débat sur le "Serment de Tobrouk" ne porte pas seulement sur l’égo puéril et ridicule de BHL. Il porte sur une information respectueuse du public sur des sujets stratégiques essentiels. Le problème de BHL n’est pas qu’il ait l’âge mental d’un enfant de huit ans doté de moyens financiers colossaux lui permettant de réaliser ses caprices. C’est la manipulation de l’information à laquelle il se livre.

 

 

BHL a-t-il la double nationalité française et israélienne ??? C’est en tant que juif dit-il qu’il est intervenu. Il semblerait à l’entendre que dans les « cas de conscience », l’origine que l’on porte ne soit pas neutre. Il semblerait même que l’empreinte de cette origine soit prépondérante.

 

J’y reviendrai évidemment lorsque j’aborderai les questions soulevées par la double nationalité de membres d’une équipe gouvernementale pouvant avoir à traiter de défense nationale.

 

 

BHL veut maintenant que la France intervienne en Syrie. Soit. mais, après ses déclarations au CRIF, il y a ambiguité. En tant que Français (et alors quelles sont ses motivations), ou en tant que Juif (religion) ou Israëlien (nationalité) ??? Dans cette deuxième hypothèse, il faudrait lui signaler qu’Israël semble loin d’être en pointe dans le combat pour "dégager" Bachar al-Assad.

 

Monsieur BHL a donc soulevé le couvercle de la boîte de Pandore. Il faut dire qu'il semble mondialiste et qu'alors la nationalité n'a plus beaucoup de sens et qu'il faille se rabattre sur sa qualité intrinsèque (ses gênes). Là ça dérape monsieur BHL ! Si on devait le suivre dans cette voie de nouvelles  questions se poseraient :

  •   Sarkozy est-il intervenu en Libye parce qu’il était en partie juif ?
  • Sarkozy est-il intervenu en Côte d’Ivoire parce que la femme de Ouattara était juive ?
  • Fabius et Moscovici, ministres français, voudront-ils éventuellement intervenir en Syrie parce qu’il sont juifs (et qu'est-ce que cela voudrait dire), ou ministres français ?

 

En fait la géopolitique est une affaire particulièrement complexe, et, en dehors de légitimes considérations humanitaires, les gouvernants doivent d'abord rechercher l'intérêt de leur propre pays et de leur peuple. C'est ce que l'on appelle la "real politik". Quel serait l'intérêt de la France pour une intervention en Syrie ? Voila la bonne question préliminaire. Quels que soient les considérations humanitaires, nul ne peut se satisfaire de l'évolution de la situation en Libye, ou en Irak (pour ne citer que ces deux cas) après les expéditions antérieures. Attention aux dégâts collatéraux de déclarations et d'actions militaires iniques. Y aura-t-il quelqu’un pour demander à monsieur Bernard-Henri Lévy de faire preuve de retenue sur les sujets sensibles de géopolitique, qui concernent tout le Mashrek, et d'éviter les amalgames.

 

Je ne puis résister au désir de vous présenter ci-après le dessin de Plantu dans le monde de jeudi sur le sujet.

Plantu-BHL.jpg

 

 

François Mitterrand a écrit de lui dans "l'Abeille et l'Architecte" : "

"J’accepte qu’il dépense encore beaucoup d’orgueil avant de l’appeler vanité".

 

En attendant j'espère qu'il ne va pas convaincre François Hollande et les grands de ce monde (Hilary Clinton, Ehoud Barak...) de nous entraîner dans une nouvelle aventure destructrice.

 

Il faudrait aussi lui rappeler qu'en 2002, il a trouvé la guerre d’Irak « moralement justifiée », mais « politiquement désastreuse ». C'est bien la dilemme qui prévaut aujourd'hui.

 


 

 


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