Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Casanova

SYRIE, la désinformation monte en puissance. Le néo-colonialisme est plus prégnant que jamais. Monsieur HOLLANDE, notre président a besoin encore de s'informer sur la géopolitique. En la matière madame MERKEL et monsieur POUTINE, semblent nettement plus avisés que lui.

 

Ce billet d’humeur fait suite à une information biaisée et orientée dont je viens d’avoir connaissance : les Français seraient d’accord pour une intervention militaire en Syrie.

 

Or sur le site de newsring.fr, un débat a lieu en ce moment sur le thème « faut-il intervenir en Syrie ? » Sur 1534 votes 54% ce sont prononcé contre une intervention en Syrie.

 

Ce dernier résultat rend donc suspect celui selon lequel les Français seraient favorables à une intervention en Syrie.

 

Ainsi, il m’apparaît nécessaire de faire une mise au point sur les méthodes actuelles de désinformation, via les médias. Je vous présente mes excuses pour la longueur du billet.

 

1 - Préliminaire

Comment expliquer cette boulimie d’actions militaires extérieures qui s’enchaînent depuis une vingtaine d’années ? Qu’il s’agisse du Koweit, de l’ex-Yougoslavie, de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Côte d’Ivoire, de la Libye, toutes ces OPEX (opérations extérieures) sont sans aucun bénéfice pour les Français, bien au contraire.

 

En toute modestie, il m’apparaît donc que l’Occident veut reconquérir par la force son hégémonie mondiale, qu’il a exercée pendant des siècles et qui est en train de lui échapper par la guerre économique que lui mènent les pays émergents (dont la Chine, l’Inde, le Brésil, soit près de 3 milliards d’humains…). Guerre économique menée grâce à l’ultra-libéralisme de l’Europe communautaire, impulsé par la City de Londres et la Commission Européenne de BARROSO. Dont la devise pourrait être laisser faire, le marché régulera tout !  De surcroît, je ne puis passer sous silence la naïveté et l’angélisme (apparents ou réels ?) des « gens de gauche » qui sont de plus en plus hors du temps et hors de l’avenir. Sourds et aveugles à la marche du monde, extérieur à l’hexagone. Où sont les Richelieu, Colbert, Napoléon, de Gaulle ? Où sont les visionnaires ?

 

Pour ceux qui considèrent mes propos excessifs, je rappelle que l’OMC (organisation mondiale du commerce) a été mise en place pour réguler le commerce international, en vu d’une concurrence internationale libre et non faussée, mais que la Chine a obtenu une dérogation ( !). Notons au passage que le directeur général de l’OMC est le « socialiste » français Pascal LAMY. Compte tenu sans doute de ses exploits libéraux à l’OMC, son nom a circulé parmi les socialistes ministrables. C’est fou non ? La réalité est encore plus dure car le dogme libéral est strictement appliqué dans les programmes européens d’aide et assistance au développement… qui se traduisent souvent par une mise sous tutelle des pays aidés, si ce n’est leur régression économique et sociale. Au bénéfice toujours des mêmes les multinationales, qui se débrouillent pour échapper aux impôts des Etats, en particulier en France, pour le plus grand bénéfice des actionnaires. Faut-il rappeler que les entreprises du CAC 40 ne paie que 15% d’impôts en France, alors que le taux d’imposition des PME française est de plus du double. Faut-il rappeler que les paradis fiscaux sont à nos portes (îles anglo-normandes par exemple) et que leur contrôle est loin d’être à l’ordre du jour.

 

Revenons à la préparation psychologique à la guerre des peuples occidentaux.

 

Elle bat son plein et est chaque jour plus visible, puisque répétitive. Elle se poursuit, suivant un schéma désormais bien connu depuis Timisoara en Roumanie. Résumé ci-après.

 

2 - L’oligarchie qui nous dirige nous rappelle d’abord le bonheur de vivre en démocratie (à l’occidentale).

 

Ainsi, d’abord ça discours sur les tyrans au pouvoir qui oppressent leur peuple depuis des temps immémoriaux, et ne respectent pas la démocratie. Là, le consensus ne peut que s’établir. Nous, peuples d’Occident qui vivons dans de « véritables » démocraties apaisées et responsables, nous qui choisissons nos représentants ne pouvons qu’être favorables (les médias aidant) à la généralisation d’un système politique qui semble si bien nous convenir. Une question cependant, sommes-nous sûrs que ce système convienne à tous les peuples du monde, si variés dans leurs compositions et leurs croyances ? Cette phase anodine en apparence ne l’est pas tellement au fond. Elle permet de montrer aux bons peuples d’Occident comment leur situation est enviable, malgré les crises, le chômage, la précarité qui s’accroit … Cette phase plus ou moins discrète permet de relativiser nos problèmes de société. L’évocation des dictatures a déjà cet avantage de rendre les peuples plus dociles et de diluer un peu leurs préoccupations quotidiennes.

 

 

3 - Il faut ensuite susciter une légitime émotion chez le peuple.

 

Cette phase, en présentant les misères du monde « non démocratique » permet d’atténuer les ressentiments du peuple envers ses dirigeants, qui voit plus malheureux que lui.

Avez-vous remarqué que depuis quelques temps (après l’élection de François HOLLANDE) les médias parlent moins de la Grèce et de ses misères ? Avant l’élection l’exemple du désastre grec était porté au débit du libéralisme effréné. Depuis l’accession de la gauche aux commandes, il semble à nos dirigeants et aux médias qui les soutiennent que la Grèce n’est plus une préoccupation prioritaire. Peut-être est-ce une illusion passagère. Mais j’ai bien entendu et lu que Christine LAGARDE, directrice générale du FMI, avec un salaire annuel de 350 000 euros, nets d’impôts, reprochait aux Grecs de ne pas payer d’impôts, alors que les Grecs employés payent leurs impôts retenus à la source. En Grèce se sont les riches armateurs qui ne paient pas l’impôt…

 

Après le préalable sur les misères des humains dans les dictatures (ou plus précisément dans la dictature à laquelle l’oligarchie a décidé de s’attaquer), la phase de formatage des esprits peut commencer.

 

NB. Aucun des dirigeant de l’Occident  ne s’aviserait d’attaquer la Chine qui est tout sauf une démocratie à l’occidentale, ni l’Arabie Saoudite (pourtant seul pays musulman où les femmes n’ont même pas le droit de conduire.…),

 

La phase de mise en forme consiste à susciter l’émotion. Grâce aux médias, la télévision surtout, c’est facile.

 

NB. Il faut cependant occulter des informations qui pourraient détourner le citoyen de l’essentiel, c’est à dire l’adhésion tacite aux thèses de l’oligarchie, donc ne pas parler des sujets qui fâchent : SDF, 10 millions de pauvres dans le pays, des économies à réaliser, communautarisme de plus en plus débridé, liberté d’expression bafouée, l’excès de parlementaires et d’élus de toutes sortes, plus ou moins inutiles, de la réforme de l’administration qui ne sert qu’à compliquer et rendre encore moins performante notre administration, le démantèlement des services publics, les abus de toutes sortes en matière d’aides publiques (au titre de la « solidarité »)… Bref ce n’est pas mon sujet d’aujourd’hui alors passons.

 

Cette phase active consiste donc à diffuser largement les images de foules immenses « spontanément » rassemblées,  exigeant le départ du « dictateur ».

 

A ces occasions pour tout auditeur attentif, il est loisible d’entendre les « Allah Akbar » monter des foules. Mais aucun commentateur ne relève ce fait qui, pourtant, n’a rien à voir avec une revendication démocratique. Ces images sont passées en boucle. Même si le dictateur a été élu. Citons toutes les « révolutions arabes », mais aussi la Russie et l’Ukraine, pour certains aspects de la manipulation. Car effectivement, jamais la moindre manipulation par des puissances étrangères n’est présentée. Il s’agirait toujours de mouvements populaires. Pourtant des cas d’interventions extérieures sont avérés dont l’objectif est de susciter ces mouvements et de déstabiliser l’Etat en place devenu indésirable, pour l’Occident, ou ses alliées, les monarchies intégristes du golfe persique qui n'ont absolument rien de démocratique. Jamais ou très rarement ne sont évoquées les ambitions hégémoniques des pétromonarchies. Tout ce passe comme si les pétromonarchies étaient transparentes, neutres et indifférentes aux évènements. Ainsi, pas d’interviews de Saoudiens, de Kowaitiens, de Qataris… Ces Etats sont chargés du financement, occulte, des « révolutions ». L’Occident fournit les armes (qu’il fabrique et vend) et les stratèges.

 

4 - Ensuite on passe à la phase choc, on entre dans le dur.

 

Des photos d’exactions commises, forcément par les forces de l’ordre, sont produites. A Timisoara pendant des semaines on a eu droit au même gros plan repris en boucle sur des fils de fer barbelés entourant un « charnier », toujours le même.

 

Les médias insistent alors sur quelques expressions chocs du genre : la population manifestait pacifiquement et a été massacrée à l’arme lourde par le pouvoir, les enfants sont massacrés, le tyran s’en prend à son propre peuple désarmé et pacifique, les opposants sont torturés… Systématiquement il est fait abstraction des exactions aussi graves commises par les révolutionnaires. De temps à autre un rapport d’Amnesty international ou d’une autre association humanitaire fait brièvement état de ces exactions de la révolution mais la présentation qu’en font les médias est furtive et elliptique. Ainsi, le viol en bande par les révolutionnaires de la place Tahrir au Caire, d’une journaliste sud-Africaine (Sarah LOGAN) n’a pas donné lieu à remarques désobligeantes pour la « révolution démocratique ». Les viols d'autres femmes journalistes  Caroline SINZ, journaliste à France 3 (également violée à la place Tahrir sous les applaudissements de la foule) ou Mona al-TAHAWANY, journaliste Americano-Egyptienne (elle violée par les policiers, également place Tahrir), n’ont pas suscité de grande émotion dans les médias. Tout au plus, La grande question a été de savoir s’il était judicieux de continuer à envoyer des femmes journalistes dans les zones dangereuses (c’est à dire dans des zones ou les manifestants pacifiques hurlent « Allah Akbar »). Toutes les civilisations ne semblent pas avoir la même considération pour les femmes, mais beaucoup de femmes occidentales ne semblent pas s'en rendre compte.

 

Ainsi, il faut noter que les manifestants « pacifiques » ne sont jamais accusés de rien. C’est comme cela que les médias français nous présentent le massacre de Houla par les chars de Bachar al-Assad, et que par mégarde sans doute ils oublient de supprimer les vues de personnes égorgées, dont des enfants. Résultat, il faudrait donc admettre que des soldats en uniforme (des syriens certes, mais quand même) sont sortis de leurs chars pour égorger au couteau les enfants dans la rue par dizaines (d’où sortaient-ils d'ailleurs). Est-ce crédible ? Dans le même esprit ils glosent sur le martyr de la ville de Misrata en Libye (bombardée par Khadafi) et occultent les ruines de Syrte, bombardée par l’OTAN. De même en Côte d’Ivoire la mort de 7 femmes a été attribuée sans preuves au régime au pouvoir (celui du président légitime Laurent GBAGBO) , alors que les charniers et les centaines de morts dus aux rebelles du nord, bien que dénoncés par les humanitaires et l’ONU, n’ont fait l’objet d’aucune poursuite, ni même de publications dans les médias. Et nos dirigeants d'alors  de prétendre que le président légitime GBAGBO était un dictateur qui tirait sur son peuple à l'arme lourde. Ce qui était archi-faux !!! Saddam HUSSEIN, lui avait des armes de destruction massive (le vocabulaire varie).

 

Ainsi, pour émouvoir le peuple dans un seul sens il faut que l’oligarchie médiatico-politique y mette du sien. Il faut absolument pour le bon peuple de France que la barbarie soit attribuée à un seul camp. Pourtant, de toute éternité on sait que la guerre n’est pas propre, quel que soit le camp .

 

Ainsi on ne parle que du sanguinaire Bachar al-ASSAD, qui ne respecte pas le plan de Koffi ANNAN, mais on oublie qu'il gouverne avec un parlement qui a été élu le 7 mai 2012 et que pour la première fois une dizaine de partis politiques ont pu participer librement au scrutin. Rien ne semble devoir être porté à son crédit !!!... et ce sont ceux qui n'ont pas été élus qui revendiquent son départ, suivis par l'Occident ! ... et le président François HOLLANDE, en opposition avec ses collègues allemand et russe de plastronner qu'il ne peut y avoir de solution avec Bachar al-ASSAD. SARKOZY a eu strictement la même attitude avec GBAGBO et avec KAHDAFI. C'est fou non ?

 

5 - Pour finir un sondage est réalisé avec la question « faut-il faire cesser le massacre ? » et la réponse coule de source : « il faut arrêter la barbarie par tous les moyens ». Evidemment la barbarie d’un seul camp. Si le peuple est d’accord, il n’y a plus qu’à agir.

 

6 - A partir de là la parole est aux militaires.

 

 


Commenter cet article